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Influenceuse, la réalité derrière un job de rêve

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On ne cesse de lire partout les sommes exorbitantes que des influenceuses comme Chiara Ferragni, Enjoyphoenix et Betty Autier gagnent pour des posts sponsorisés. Mais le travail d’une chercheuse américaine remet en cause le mythe de la star des réseaux sociaux devenue “riche sans rien faire”.

Since 1987

Une publication partagée par Chiara Ferragni (@chiaraferragni) le


En voyant les images hédonistes parfois exaspérantes des influenceuses sur Instagram, YouTube, Facebook ou les blogs, on n’imagine pas toujours le travail que cela a pu nécessiter. Mais une interview, parue dans le journal Quartz, de l’Américaine Brooke Erin Duffy, chercheuse à l’université de Cornell à Ithaca dans l’État de New York et professeur assistant, brise le mythe. Cette dernière a questionné de nombreuses influenceuses pour ensuite publier un livre sociologique de plus de 300 pages intitulé (Not) Getting Paid to Do What You Love.

Pour une Garance Doré, combien de blogueuses ne percent pas ? Ou seulement après de longues années de travail gratuit jour et nuit ? Pour Duffy, le métier d’influenceuse ressemble en fait à celui d’un stage non rémunéré. Elle dresse ainsi le parallèle : “On s’attend à ce que, si vous vous investissez maintenant, cela va être compensé à l’avenir avec ce travail glamour et fantastique. Mais la réalité est beaucoup moins favorable concernant le nombre de fois où cela se transforme en emploi à temps plein.”

L’envers du décor

Morning 🙋🏻

Une publication partagée par Betty Autier (@bettyautier) le


Avant d’avoir assez de followers pour attirer les marques et faire de son blog ou de son compte Instagram une affaire rentable, beaucoup d’investissements sont en effet nécessaires. Il faut poster souvent et se rendre disponible pour trouver des nouveautés intéressantes, passer du temps à retoucher ses clichés et à peaufiner ses posts… Certaines personnes que Duffy a interviewées ont exercé plusieurs boulots en même temps, en plus de leur blog, avant d’en tirer des bénéfices. Et beaucoup de ces bénéfices étaient au final des cadeaux et non de l’argent.

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Mais la chercheuse va plus loin en comparant l’activité d’influenceuse à d’autres tâches exécutées par des femmes. Elle explique :

“Le ‘travail des femmes’ est une forme de travail invisible qui n’est pas reconnu et sans compensation. La garde d’enfants et le travail domestique sont considérés comme des activités que les femmes font de façon inhérente et pour lesquelles elles seraient naturellement douées. Il est invisible dans la mesure où il n’est pas vu et il n’y a pas non plus de récompenses économiques.”

Pas convaincus ? Duffy poursuit son argumentaire ainsi :

“Nous voyons maintenant la lignée de cette dévalorisation du travail dans l’économie des médias sociaux. Je vois ces investissements de temps et d’énergie comme une forme de travail, mais ils sont souvent considérés comme des loisirs, comme amusants et comme quelque chose qui ne devrait pas être récompensé matériellement.”

Sans aller jusqu’à plaindre les stars des réseaux sociaux, cette recherche a le mérite de donner un autre point de vue, moins glamour, sur un métier qui fait rêver de plus en plus de monde.


-Avec Konbini

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