Le professeur Songué jugé sexiste, passe de héros à zéro

Non Professeur ! Le « Vous faîtes tout pour que nous vous violons » ne passe pas!

« Vous faîtes tout pour que nous vous violons. Les femmes violées sont fautives, car elles ont des formes généreuses qu’elles exhibent. » tels sont les propos gravissimes tenus par le professeur Songhe Diouf dans le cadre de l’émission « Jakaarlo bi » du vendredi 9 mars sur la TFM. Quelle mouche a piqué un éducateur d’une telle renommée pour ainsi tenir de tels propos? L’excuse de la provocation est-elle suffisante pour disculper les prédateurs sexuels qui rôdent autour de nos enfants et de nos femmes?

Quand un éducateur nourrit un tel état esprit et arrive à le dire dans une émission sans aucune réelle indignation… Il y’a de quoi s’inquiéter. Ne s’arrêtant point dans son argumentaire, le professeur renchérit que : « Au moment où d’innocents violeurs prennent dix ans de prison, les jeunes provocatrices s’en tirent sans égratignure« . Comme si en s’habillant de manière indécente, les jeunes filles cherchent à être violées forcément. Ne donnez pas raison à ces détraqués mentaux et ne leur trouver pas une excuse inexcusable!

Alors que dans le droit sénégalais, le viol est une agression sexuelle impliquant, selon l’article 320 du Code pénal, «tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit, commis sur la personne d’autrui par violence, contrainte, menace ou surprise». Les mots ont leur sens.

Le viol est une infraction de dimension criminelle qui laisse des séquelles même sur la victime. Dans monde masochiste, les idées décalées du « professeur » sont entretenues par des traditions ancestrales, qui, elles persistent au détriment des victimes. En milieu Mandingue, par exemple, après un viol, la victime risquait un traitement stigmatisant et une marginalisation. Le viol était comme une malédiction contre laquelle toute femme était tenue de se battre toute sa vie durant pour éviter d’en être victime.

Donc même violées, certaines femmes se résignaient à garder le silence pour échapper à la «mort sociale». Dans certains pays où le sexe avant le mariage est prohibé, les victimes de viol encourent des poursuites pénales. En Arabie Saoudite, les auteurs de viol sont passibles de la peine de mort et les victimes sévèrement punies.

Le 22 novembre 2007, une chiite violée par sept hommes près de Qatif, a été condamnée par le Tribunal à recevoir 200 coups de fouet et à six mois de prison. En Afghanistan, la «loi religieuse», introduite en 1979 et en vigueur jusqu’en 2006, fixait que le viol devait être attesté par quatre témoins masculins, sans quoi la plaignante pouvait être poursuivie pour affabulation et condamnée.

Ces considérations font qu’il s’avère, aujourd’hui, très difficile de mesurer l’ampleur des méfaits du phénomène. Toutefois, il n’y a pas de doute qu’il serait important aussi d’impliquer les parents à revenir à l’initiative, en reprenant la charge de l’éducation morale et religieuse de leurs enfants. La sexualité ne doit pas être un sujet tabou, les parents doivent en discuter avec leurs enfants en vue de les former à la maîtrise de soi et, par conséquent, d’éviter de verser dans le «vandalisme sexuel» ou d’en être victime.

Non Professeur ! Le « Vous faîtes tout pour que nous vous violons » est indigeste. Il n’arrive vraiment pas à passer!

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