Ucad’Elles, forts-traits au féminin

Directrice de l’Ecole Doctorale JPEG, Françoise Dieng, Professeure de droit privé, se veut magistrale, sans être doctorale. Première femme à ce poste, elle avoue avoir un double dé à relever.

Si le cerveau de l’être humain était proportionnel à la taille du corps, Professeure Françoise Bineta Dieng serait toujours parmi les mal classés. Et pourtant, cette dame de petite corpulence fait oce de pionnière dans le troisième cycle à l’Université Cheikh Anta Diop. Directrice de l’Ecole Doctorale Sciences Juridiques, Politiques, Economiques et Gestion (ED-JPEG), elle est la première femme à ce poste à l’UCAD.

Professeure de droit privé au commerce facile, elle a été désignée à ce poste par ses collègues enseignants, en août 2020, par le biais du conseil scientique et pédagogique dont elle est membre. La première chose qui l’a marquée dans cette élection, c’est la mobilisation de ses pairs dans un contexte particulier. « C’était la période de Covid, les gens étaient plus ou moins connés, mais ils sont vraiment venus en masse. Et ça m’a touchée », avoue-t-elle.

Cependant, cette conance des pairs est en même temps un grand challenge pour elle. C’est une mission qu’il faut ‘’absolument réussir’’, car, elle doit montrer que la gente féminine est à la hauteur de la mission. « En tant que femme, dès lors qu’on occupe un poste de responsabilité, on a toujours à prouver quelque chose. C’est inévitable, parce que si la gestion n’est pas bonne, on dira que les femmes sont incapables. Donc j’ai une double responsabilité : en tant que directeur (au masculin) et en tant que directrice (au féminin) », déclare-t-elle.

Pourtant, malgré l’ampleur de la tâche, le destin ne semble pas disposer à lui accorder une faveur. Tout au contraire ! Dès sa nomination, elle a été frappée par une histoire familiale qui ne facilite pas un démarrage en chapeau de roue. « J’ai été élue le 10 août, ma mère est décédée le 15 août. Cela été pour moi un choc du point de vue personnel. J’ai mis un temps pour me reprendre et faire preuve de résilience », cone-t-elle.

Malgré tout, l’optimisme est permis. La nouvelle directrice d’ED-JPEG s’est vite mise au travail.

Elle s’occupe d’abord de l’intendance et de l’environnement du travail pour qu’il soit calme et confortable pour les doctorants. « Nous sommes une école doctorale, les étudiants ont besoin d’avoir un espace de recherche où ils peuvent se concentrer. Les enseignants aussi doivent être dans un cadre approprié », mentionne-t-elle.

Camarade de promo de Me Malick Sall et Aïssata Tall Sall

Après avoir assuré, avec son équipe, le bon déroulement des auditions des candidats à la thèse, elle entend maintenant se tourner vers la formation doctorale et l’animation scientique, suspendues par la pandémie de Covid-19. L’heure est donc à l’organisation ou à la reprogrammation de certains colloques et séminaires. « Nous avons une feuille de route et nous sommes déterminée à l’exécuter », assure-t-elle.

Il faut dire que cette juriste connait bien la matière. En eet, Françoise Dieng a créé, depuis 2016, un laboratoire d’étude et de recherche en droit patrimonial de la famille dont elle est la directrice.
Elle est également responsable d’une formation doctorale en droit patrimonial de la famille. Le chemin semblait donc tout tracé pour aboutir à cette consécration. Malgré tout, l’idée de présider aux destinées de ses pairs ne lui a jamais traversé l’esprit. « Honnêtement, je n’ai jamais pensé que je serais la directrice de cette école », déclare-t-elle.

C’est que Françoise avait toujours les yeux rivés sur l’enseignement. Elle n’en avait que pour ça.
Pur produit du système éducatif sénégalais, Françoise Dieng a eu le baccalauréat en 1977 au lycée Van Vollenhoven. Elle fera ses études à l’Université de Dakar à partir de l’année 1978. Elle a partagé les mêmes bancs que Me Malick Sall et Me Aïssata Tall Sall, deux membres de l’actuel gouvernement ainsi que Me Boucounta Diallo, militant des droits humains à l’international, même si ces derniers étaient plus âgés qu’elle.

Il faut donc vivre l’instant présent

Ce n’est qu’en 1981, après sa maîtrise en droit qu’elle quitte le pays. Elle va poursuivre ses études à l’Université Paris II en France où elle obtient deux DEA, l’un en droit des aaires et l’autre en droit privé. Après sa thèse de troisième cycle, elle revient à Dakar en 1986. D’abord une année comme assistante stagiaire, puis elle est titularisée comme assistante l’année suivante.

Depuis lors, elle a vu passer plusieurs générations d’étudiants dont certains sont devenus des personnalités. Parmi eux, gurent Me Souleymane Ndéné Ndiaye, dernier Premier ministre sous le régime de Me Wade, l’avocat Me El Hadji Diouf, mais aussi l’actuel Doyen de la Faculté des Sciences Juridiques et Politiques, le Professeur Alassane Kanté.
Malgré ce premier pas vers les hautes sphères de décision, la dame ne nourrit aucune ambition.
Au contraire, son credo est qu’à chaque jour sut sa peine, il faut donc vivre l’instant présent. « Ce n’est pas que j’ai une vision à court terme, mais mon objectif est de réussir la mission qui m’a été conée en faisant un bon mandat » conclut-elle.

Pr Françoise Bineta Dieng :
Magistrale, mais pas doctorale

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